Hugues Aufray

Tout le monde connait la chanson « Santiano » crée par Hugues Aufray. Mais qui est Hugues Aufray ?

C’est un chanteur interprète mais aussi auteur et compositeur et également un artiste complet puisqu’il est à la fois peintre et sculpteur réalisateur entre autres d’un bronze de Bob Dylan.

Né en août 1929 dans la région parisienne, il a donc 90 ans, il continue à chanter dans les concerts, par exemple dans son ancien collège de Soreze dans le Tarn en 2019. Et sa présence à la télé est courante, où il parle, maintenant, hélas, beaucoup de ses camarades chanteurs qui décèdent les uns après les autres.

La vie continue…

Les débuts d’Hugues Aufray sont marqués par son tour du monde fait à 20 ans, ses deux premiers disques traitent donc de voyages et d’aventure.

Il est également influencé par la musique classique qu’il découvre grâce à ses parents dès l’âge de 5 ans, puis il participe à une chorale pendant l’adolescence, et joue du flamenco lorsque sa famille vit à Madrid.

Hugues Aufray lui est toujours aussi fidèle à sa chanson dont les textes reposent sur des thèmes, comme les voyages, la fraternité, l’amitié et marqués par un antiracisme et contre toute l’intolérance qui marque souvent notre société.

Hugues Aufray à Aix en Provence en 2009.

Ses débuts seront marqués aussi bien par Charles Trénet que par le blues américain.

Sa carrière commence très difficilement et ce sont souvent des échecs lorsqu’il gratte de sa guitare dans les boites de nuit parisiennes.  En 1959 il sort son premier disque très romantique « Y avait Fanny ». Mais c’est au second album que l’on trouve pour la 1ère fois des chansons de marins avec « San Miguel » et « Santiano »

Il a 30 ans lorsque le public le découvre et il est décrit dans le N° spécial de « Spécial Pop » de 1967
comme « un chanteur au bel œil sombre et beau profil d’oiseau de proie, chemise ouverte et guitare à la main, sur scène Hugues Aufray semble surgir tout droit de quelques hauts plateaux des Andes »

Dès le début de sa carrière il défend la chanson engagée en faisant découvrir surtout Bob Dylan avec en particulier une traduction française de « Monsieur Tambourine man ». Il dit d’ailleurs en 1967 :

« L’escalade du Vietnam, le racisme, la faim dans le monde, je trouve normal qu’on en parle, cela nous concerne tous. »

Ensuite s’enchainent de nombreux succès :

L’ode à la grande sœur jusqu’à l’abnégation et c’est « Céline » l’amour pour le cheval car c’est un bon cavalier donnera « Stewhall ».
Le souvenir des ses voyages en Amérique, « Hasta Luego », « Santiano ».
Le création d’une chanson, marque son action antiraciste lors d’un meeting en 1970, « Les crayons de couleur » en hommage à Martin Luther King.

On peut parler aussi des chansons pour les fêtes et les veillées car son style devient de plus en plus festif et joyeux avec « Le rossignol anglais » et « L’épervier ».

En 1964 il prend la 4ème place du concours « Eurovision » en représentant le Luxembourg avec une rengaine que l’on oublie difficilement lorsqu’on l’entend « Dès que le printemps revient »

Son chant le plus connu par les scouts lors des soirées autour d’un feu de camp est sûrement Santiano , chant de marins qui est à l’origine un chant anglais en la mémoire du général mexicain Antonio Lopez de Santa Anna, « Santianna ».

Si la version originale est lente et énergique, la version d’Hugues Aufray est très différente, elle est beaucoup plus rapide et joyeuse que l’originale. C’est un hommage à la goélette 3 mats « Bel espoir » qui va arriver en tête des hits parades en 1961.

Les années 70 sont marquées par la domination très nette de la pop anglaise et le rock (Beatles, Pink Floyd, Rolling Stone…) et par la pop plus poétique (Genesis, Peter Gabriel, Brian Ferry…)
Mais Hugues Aufray ne disposant pas des chaines de télé, s’accroche fermement à la chanson française. Petit à petit il devient incontournable et même si son influence est très nettement inférieure à des Johnny Halliday ou Eddy Mitchell, il reste encore présent. On parle d’Hugues Aufray comme un représentant de la vieille école musicale mais on va toujours chercher le vieux « druide » pour parler du bon temps, pour chanter accompagné de son éternelle guitare, des complaintes joyeuses et aventureuses qu’il avait mises au gout du jour il y a quelques décennies.

Il a maintenant 90 ans et dans l’interview du Parisien, d’août 2019, il parle de sa grande famille, de sa femme Muriel, de ses deux filles, petit-enfants et arrière-petit-enfants.  Il chante encore mais s’adonne plus volontiers à la sculpture.

Il doit dans les fêtes de famille, encore chanter les « Santiano » des feux de camp.

                                                                                                                             

Claude Maillet

Sources : Numéro spécial  de « Spécial Pop » 1967 (version papier)